Polter

Publié le 26/12/2016 
La guerre des terrasses ne fait que commencer

Les terrasses du Capitole n'ont pas de problème avec la loi, mais dans les petites rues, le nouvel arrêté va raboter l'espace des bars et restaurants
L'arrêté pris cet été par la mairie de Toulouse pour réglementer l'étalement des terrasses dans le centre-ville n'est pas du goût des associations de professionnels, dont certains vont perdre la moitié de leur espace.

«Si on nous empêche d'installer nos tables devant les portes cochères, ça va impacter beaucoup de terrasses et ça va mettre en péril de nombreux établissements, en envoyant des gens au chômage»...Malgré la concertation engagée par Jean-Jacques Bolzan, l'adjoint chargé du commerce au Capitole, et les réunions organisées avec les professionnels de la restauration, l'arrêté sur la réglementation du domaine public, pris en juillet, ne passe toujours pas. Pourtant, il sera applicable dès le 1er janvier, même si du côté de la mairie, on annonce quelques ajustements. Qu'en est-il au juste ? Selon les nouvelles prescriptions, les terrasses toulousaines ne pourront pas être implantées sur des espaces dont la largeur est inférieure à deux mètres. Le cheminement piéton ne pourra mesurer moins de 1,40 m et la terrasse ne pourra dépasser 50 % de la largeur maximale de trottoir libre de toute implantation à partir de 3 mètres et au-delà. Elle ne peut également faire obstacle au libre accès des immeubles riverains ou à leur fonctionnement normal. Ce qui sera un véritable casse-tête dans les petites rues. «Certains cafetiers vont perdre la moitié de leur espace, peste un restaurateur du centre-ville, nous sommes d'accord pour le 1,40 m minimal du passage piéton, mais il y a en plus un problème de définition des zones piétons et des zones de rencontres en ce qui concerne la règle des 50 % à laisser libres. Certaines grosses terrasses vont aussi y perdre». Pour Jean-Jacques Bolzan, il ne s'agit pas de pénaliser les bars et restaurants. «Nous verrons en fonction des flux de piétons, si on ne peut pas laisser plus d'espace, plaide-il, et la question sera encore évoquée en janvier. On s'est engagé à revoir ce point avec tout le monde». L'adjoint au maire préfère insister sur «le travail considérable» qui a été fait. «C'est une première souligne-t-il, notre volonté, c'était de revoir dans la transparence et au bénéfice de tous, l'occupation du domaine public en gardant une certaine souplesse». Autre pomme de discorde, les platelages mis en place sous l'ère de l'ancien maire, Pierre Cohen, sur des emplacements de stationnement. «Aucune nouvelle terrasse sur platelage ne sera autorisée, confirme Jean-Jacques Bolzan, et pour l'existant dans le cas de travaux d'aménagement et de requalification de la voie ou de la place, ou au changement de propriétaire ou de gérant de l'établissement, l'autorisation ne sera pas renouvelée». Une disposition qui fait grincer des dents. «Comment pourra-t-on revendre une affaire, si on l'ampute de la moitié de son chiffre d'affaires», s'interroge un restaurateur ? Ce qui fait bondir Jean-Jacques Bolzan : «Le domaine public est incessible», rappelle-t-il. Pour la cinquantaine de platelages en service, il n'y aura donc pas de passe-droits. Pas plus que pour les terrasses qui ne seront pas rentrées dans les clous en janvier. Les débordements de la clientèle faisant obstacle au libre accès des riverains seront une cause de sanction et d'amende qui pourra aller selon les cas de 750 € à 3 000 €. Si la surface des terrasses dépasse 50 % de la surface totale du domaine public libre de circulation, les extensions seront retirées en priorité. «Le premier avertissement ce sera trois jours de fermeture, le deuxième six et au bout de trois contraventions, l'interdiction sera définitive, prévient Jean-Jacques Bolzan. Boire ou marcher. il faudra choisir.
Repères
Le chiffre : 900
C'est à peu près le nombre actuel de terrasses recensées dans la ville. Un nouveau calcul a été fait cette année pour faire respecter partout le nouvel arrêté municipal, qui pourrait impacter une bonne moitié des bars et restaurants.

 

Polter

Publié le 26/12/2016 
La guerre des terrasses ne fait que commencer

Les terrasses du Capitole n'ont pas de problème avec la loi, mais dans les petites rues, le nouvel arrêté va raboter l'espace des bars et restaurants
L'arrêté pris cet été par la mairie de Toulouse pour réglementer l'étalement des terrasses dans le centre-ville n'est pas du goût des associations de professionnels, dont certains vont perdre la moitié de leur espace.

«Si on nous empêche d'installer nos tables devant les portes cochères, ça va impacter beaucoup de terrasses et ça va mettre en péril de nombreux établissements, en envoyant des gens au chômage»...Malgré la concertation engagée par Jean-Jacques Bolzan, l'adjoint chargé du commerce au Capitole, et les réunions organisées avec les professionnels de la restauration, l'arrêté sur la réglementation du domaine public, pris en juillet, ne passe toujours pas. Pourtant, il sera applicable dès le 1er janvier, même si du côté de la mairie, on annonce quelques ajustements. Qu'en est-il au juste ? Selon les nouvelles prescriptions, les terrasses toulousaines ne pourront pas être implantées sur des espaces dont la largeur est inférieure à deux mètres. Le cheminement piéton ne pourra mesurer moins de 1,40 m et la terrasse ne pourra dépasser 50 % de la largeur maximale de trottoir libre de toute implantation à partir de 3 mètres et au-delà. Elle ne peut également faire obstacle au libre accès des immeubles riverains ou à leur fonctionnement normal. Ce qui sera un véritable casse-tête dans les petites rues. «Certains cafetiers vont perdre la moitié de leur espace, peste un restaurateur du centre-ville, nous sommes d'accord pour le 1,40 m minimal du passage piéton, mais il y a en plus un problème de définition des zones piétons et des zones de rencontres en ce qui concerne la règle des 50 % à laisser libres. Certaines grosses terrasses vont aussi y perdre». Pour Jean-Jacques Bolzan, il ne s'agit pas de pénaliser les bars et restaurants. «Nous verrons en fonction des flux de piétons, si on ne peut pas laisser plus d'espace, plaide-il, et la question sera encore évoquée en janvier. On s'est engagé à revoir ce point avec tout le monde». L'adjoint au maire préfère insister sur «le travail considérable» qui a été fait. «C'est une première souligne-t-il, notre volonté, c'était de revoir dans la transparence et au bénéfice de tous, l'occupation du domaine public en gardant une certaine souplesse». Autre pomme de discorde, les platelages mis en place sous l'ère de l'ancien maire, Pierre Cohen, sur des emplacements de stationnement. «Aucune nouvelle terrasse sur platelage ne sera autorisée, confirme Jean-Jacques Bolzan, et pour l'existant dans le cas de travaux d'aménagement et de requalification de la voie ou de la place, ou au changement de propriétaire ou de gérant de l'établissement, l'autorisation ne sera pas renouvelée». Une disposition qui fait grincer des dents. «Comment pourra-t-on revendre une affaire, si on l'ampute de la moitié de son chiffre d'affaires», s'interroge un restaurateur ? Ce qui fait bondir Jean-Jacques Bolzan : «Le domaine public est incessible», rappelle-t-il. Pour la cinquantaine de platelages en service, il n'y aura donc pas de passe-droits. Pas plus que pour les terrasses qui ne seront pas rentrées dans les clous en janvier. Les débordements de la clientèle faisant obstacle au libre accès des riverains seront une cause de sanction et d'amende qui pourra aller selon les cas de 750 € à 3 000 €. Si la surface des terrasses dépasse 50 % de la surface totale du domaine public libre de circulation, les extensions seront retirées en priorité. «Le premier avertissement ce sera trois jours de fermeture, le deuxième six et au bout de trois contraventions, l'interdiction sera définitive, prévient Jean-Jacques Bolzan. Boire ou marcher. il faudra choisir.
Repères
Le chiffre : 900
C'est à peu près le nombre actuel de terrasses recensées dans la ville. Un nouveau calcul a été fait cette année pour faire respecter partout le nouvel arrêté municipal, qui pourrait impacter une bonne moitié des bars et restaurants.